Gangsterdam

Gangsterdam

France/NL, R. Levy, 2017
Note : 3 / 5 – Pas Mal

Romain Levy avait placé la barre très haut en 2012 avec son premier long-métrage, Radiostars, comédie très réussie, et déjà, à l’époque, un peu différente. Il pouvait donc difficilement envisager de faire mieux, ou au moins aussi bien, avec son nouveau film. Et il n’a pas été aidé par une polémique assez nauséabonde qui a entouré sa sortie en salle. En effet, la police des mœurs du XXIe siècle, qui utilise massivement les réseaux sociaux, a donc décidé de frapper fort le long-métrage de Romain Levy. A base de titres racoleurs comme « adominable » (sic !) et de bouts de phrase sortis de leur contexte, le film a donc fait l’objet d’une campagne de dénigrement massive. Et pourtant, en visionnant Gangsterdam avec un peu d’objectivité, on se rend bien vite compte qu’il s’agit simplement d’une comédie avec son lot de dialogues à comprendre au second voire au troisième degré. Alors certes, le film est un peu bancal en termes de rythme, mais on y trouve de bonnes idées et quelques moments assez tordants, comme par exemple cette partie de poker au milieu des mafieux. Les dialogues sont parfois un peu crus mais sont plutôt raccord avec les personnages et pas mal de punchlines s’avèrent bien efficaces. Kev Adams nous surprend au début du film avec un rôle assez étonnant à contre-emploi. Mais c’est surtout les seconds rôles qui sont les plus convaincants : Patrick Timsit ou Manu Payet pour les plus connus, mais surtout Come Lievin, l’ami complètement dingue, ou Ergun Simsek dans le rôle de l’hilarant DJ Mehmet. Gangsterdam s’avère donc être une comédie assez sympa, loin d’être l’horreur qu’on a bien voulu nous empêcher de voir. Il est quand même inquiétant de constater qu’il sera, à l’avenir, de plus en plus difficile de pouvoir rire de tout.

R.M.